Faire cloner son chien : est-ce possible ?
Faire cloner son chien : est-ce possible ?

Faire cloner votre animal de compagnie après sa mort, ça vous dit? C’est chose du possible, grâce à une société sud-coréenne qui offre le service… moyennant quelque 120 000 $!

Des chiennes donneuses et receveuses

Prélever quelques cellules sur l’animal décédé n’est en soit pas compliqué, puisqu’un lambeau de peau un peu épais suffit. L’échantillon est ensuite transféré en Corée du Sud. L’ADN de ces cellules est alors isolé et réintroduit dans des ovocytes dont on a enlevé le noyau. Ils proviennent de chiennes vivantes, appartenant au laboratoire, et sont prélevés a priori sous anesthésie générale. Les ovocytes qui ont bien réagi au transfert du noyau, et à différentes manipulations destinées à activer la division cellulaire, sont ensuite implantés dans le ventre d’une chienne receveuse.

Une centaine d’ovocytes pour un clone

« L’entreprise ne communique pas son taux de réussite, mais au final, il faut une centaine d’ovocytes pour espérer obtenir un clone, estime Corinne Cotinot, directrice de l’unité Biologie du développement et reproduction à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). Beaucoup d’embryons ne se développent pas et sont évacués lors de fausses couches spontanées. » « Il y a aussi beaucoup de décès juste après la naissance, poursuit Marie Abitbol, vétérinaire généticienne, chercheuse et enseignante à l’École nationale vétérinaire de Lyon. Mais les clones qui survivent deviennent en général des animaux en bonne santé. »

Des clones, pas des répliques

Le clonage entraîne donc beaucoup de souffrances animales pour les chiennes donneuses d’ovocytes et porteuses des embryons, dont on ne connaît rien des conditions de vie. Dans le but d’obtenir un clone… qui ne ressemblera pas forcément strictement à l’original. « Chez les animaux, l’ADN ne détermine pas tout, éclaire Patrick Gaudray, directeur de recherche au CNRS et membre du Comité consultatif national d’éthique. Il y a une relation entre le génome et l’environnement. Le caractère des animaux est la résultante d’une histoire. » « Au final, surenchérit le Dr Abitbol, je ne vois pas trop l’intérêt de cloner des chiens de race, alors qu’ils présentent déjà une grande homogénéité dans leur apparence et leurs comportements. » « On entretient l’illusion que l’on va obtenir la réplique d’un animal pour faire marcher des entreprises commerciales qui exploitent des expertises technologiques ! », conclue Patrick Gaudray.

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