Travail : 44% des salariés ont été en arrêt de travail au cours des 12 derniers mois (détail)
Travail : 44% des salariés ont été en arrêt de travail au cours des 12 derniers mois (détail)

Près d’un salarié sur deux (44%) s’est vu prescrire au moins un arrêt de travail au cours des douze derniers mois, selon une enquête annuelle de Malakoff Médéric Humanis publiée ce jeudi 28 novembre. Ce chiffre est stable mais reste « élevé ».

Parmi eux, 37 % ont eu au moins deux arrêts au cours de cette période, et 8 % plus de trois arrêts, une tendance particulièrement marquée dans le secteur de l’Hôtellerie/Restauration où 25 % des salariés ont eu plus de 3 arrêts au cours des 12 derniers mois.

Par ailleurs, 36 % des salariés arrêtés au cours des 12 derniers mois l’ont également été l’année précédente. Cette tendance est plus marquée chez les salariés aidants, les salariés ayant des enfants à charge, les salariés d’Ile-de-France, et les salariés s’étant vu prescrire un arrêt longue durée. Enfin, le fait d’avoir au moins trois arrêts une même année multiplie par 5 la probabilité d’être absent l’année suivante.

28 % des arrêts maladie prescrits en 2019 n’ont pas été respectés (un chiffre en hausse de 5 points par rapport à 2018, et de 9 points par rapport à 2016) : 11 % des arrêts ont été pris, mais pas en totalité, et 17 % n’ont pas été pris du tout (26 % dans le secteur du Commerce et 22 % pour les managers). Pour expliquer ce renoncement, les salariés évoquent en premier lieu « qu’il n’est pas dans leurs habitudes de se laisser aller » (39 %), et le fait que les journées non travaillées ne sont pas prises en charge/rémunérées (37 %).

Les arrêts maladie sont davantage pris dans les grandes entreprises (+ de 250 salariés) : 79 % contre 72 % pour l’ensemble des arrêts. Le respect de l’arrêt maladie varie également en fonction de sa durée : les arrêts longs sont respectés à 90 %, les moyens à 67 % et les courts à 75 %.

Cependant, près de la moitié des salariés (47 %) n’ayant pas respecté leur arrêt de travail disent le regretter a posteriori, un chiffre en hausse de 8 points par rapport à 2016. Par ailleurs, près de deux tiers des salariés (63 %) seraient favorables à bénéficier du télétravail au lieu d’avoir un arrêt maladie si leur médecin le jugeait approprié, un point de vue partagé par 80 % des dirigeants.

Défini comme le comportement d’un individu qui travaille alors qu’il devrait être arrêté en raison de son état de santé physique ou mental, le « présentéisme maladie » est un autre phénomène notable. 65 % des salariés déclarent avoir déjà travaillé alors qu’ils étaient malades, une tendance plus marquée chez les salariés ayant des responsabilités d’encadrement (72 %), ou lorsque le salaire n’est pas maintenu pendant les trois premiers jours d’arrêt (69 %).
Des motifs qui varient selon la durée de l’arrêt

En nombre d’arrêts, les arrêts courts (1 à 3 jours) sont plus nombreux que les arrêts longs (plus de 30 jours) : ils représentent 30 % de l’ensemble des arrêts maladie contre 9 % pour les arrêts longs. Les arrêts moyens (4 à 30 jours) représentent 61 % de l’ensemble.

Toutes durées confondues, 36 % des arrêts maladie sont dus à une maladie ordinaire, 25 % à des troubles musculosquelettiques et 18 % à des troubles psychosociaux ou un épuisement professionnel.

Près de 2 tiers des arrêts courts (61 %) sont dus à une maladie ordinaire.

Les arrêts moyens sont dus aux maladies ordinaires (29 %), aux troubles musculosquelettiques (28 %), ou à des troubles psychologiques ou un épuisement professionnel (20 %).

Les arrêts longs sont essentiellement dus à un accident ou traumatisme (25 %), à des troubles psychologiques ou un épuisement professionnel (24 %), ou à des troubles musculosquelettiques (23 %).

D’une manière générale, d’après les salariés, 67 % des arrêts maladie sont liés à un contexte exclusivement non professionnel, 13 % à un contexte exclusivement professionnel, et 19 % sont liés aux deux. Tous sont en majorité prescrits par le médecin traitant (71 %).
Arrêts longs : gérer l’absence et faciliter le retour à l’emploi

56 % des dirigeants indiquent avoir eu dans leurs effectifs au moins un salarié en arrêt long au cours des 12 derniers mois.

49 % des managers ont déjà encadré des collaborateurs ayant eu un arrêt long. Pour limiter l’impact de cette absence sur leur équipe, 73 % d’entre eux ont trouvé une solution en interne (modification de l’organisation de leur équipe ou remplacement du salarié absent par un autre collaborateur au sein de l’entreprise), et 24 % ont procédé à un recrutement externe.

À la suite du ou des arrêts de plus de 30 jours de l’un des membres de leur équipe, 63 % des managers ont mis en place des dispositifs spécifiques d’accompagnement :

34 % d’entre eux ont pris des dispositions pour faciliter la reprise du travail du salarié concerné (entretien de pré-reprise, formation, aménagement des horaires ou du poste…).

26 % ont établi un suivi spécifique du salarié après sa reprise dans l’équipe.

16 % ont changé leur mode de management.

De leur côté, 94 % salariés ayant eu des arrêts maladie de plus de 30 jours ont repris le travail dans la même entreprise. 72 % ont repris le travail à l’identique. 18 % ont repris le travail avec un aménagement spécifique, et 4 % ont changé de poste.

Pour la très grande majorité des salariés (90 %) ayant eu un arrêt maladie (toutes durées confondues), le retour en entreprise s’est bien déroulé, et pour la moitié des salariés, il s’est très bien déroulé.

Toutefois, 60 % des salariés auraient souhaité des démarches particulières de la part de leur entreprise pendant leur arrêt long. Parmi eux, 36 % auraient souhaité des informations d’ordre financier (indemnisation, maintien ou non du salaire, jour de carence…), 27 % des informations concernant l’organisation de la reprise du travail (aménagement du poste ou des horaires de travail, formation…), et 22 % des informations d’ordre administratif. Par ailleurs, 48 % des salariés ont régulièrement été en contact avec leur entreprise pendant leur arrêt long.

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